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 Les Rois de France de 1180 à 1230

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Esclarmonde
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MessageSujet: Les Rois de France de 1180 à 1230   Jeu 7 Fév - 21:55

Trois rois se sont succédés durant la période allant de 1180 à 1230, période de référence de notre Compagnie :

Philippe II Auguste
Né en 1165, mort à Paris en 1223.
Règne de 1180 à 1223.

D'après ses contemporains, Philippe II était un bel homme, avec une figure agréable, un teint coloré et un tempérament porté sur la bonne chère, les femmes et le vin.
Craintif pour sa vie et très émotif, il savait néanmoins se montrer très dur pour ceux qui lui résistait.Louis VII n'était plus en état de prendre des décisions durant la dernière année de son règne, et le jeune Philippe manifesta dès lors une forte volonté politique.

Il épouse le 28 avril 1180 Isabelle de Hainaut, la nièce de Philippe d'Alsace Comte de Flandre, qui lui apporte l'Artois en dot à venir.
La famille de sa mère, les Champenois, se sentant mise à l'écart, fait appelle à Henri II Plantagenêt, mais ce dernier signe un traité d'alliance avec Philippe II à Gisors. Alors les Champenois s'allient aux Flamands, et attaque début 1181 le domaine royal.
Mais le roi en profite pour revendiquer les droits d'Isabelle de Vermandois, la femme du comte de Flandre, que ce dernier cède au traité de Boves (1185), ce qui lui permet de récupérer le Vermandois, la ville d'Amien et l'Artois à la mort du comte de Flandre en 1191.
Il ne lui reste qu'à se retourner contre le souverain anglais.

En 1183 et 1186, Henri le Jeune et Geoffroy de Bretagne, les deux fils aînés de Henri II Plantagenêt que Philippe Auguste soutenait dans leur révolte contre leur père, meurent prématurément. Philippe Auguste s'allie avec les deux survivants et rivaux Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre et attaque le souverain anglais en 1187. Il s'empare d'Issoudun et impose la paix de Châteauroux.
Cela n'empêche pas la reprise d'une guerre où Philippe Auguste obtient l'appui de l'empereur Frédéric Barberousse et qui aboutit à la capitulation de Henri II à Azay le Rideau. Ce dernier, avant de mourir abandonné de tous le 6 juillet 1189 désigne Richard comme nouveau roi, et abandonne à Philippe Auguste l'Auvergne, Issoudun et Châteauroux.
Jean demeuré sans terres reçoit quelques fiefs de son frère qui part avec le roi de France pour la troisième croisade.

Necessité par la perte de Jérusalem en 1187 après que le roi Gui de Lusignan soit vaincu par le célèbre Saladin (Sala ed Din), la troisième croisade fut conduite par Richard Coeur de Lion, Philippe Auguste et Frédéric Barberousse qui meurt accidentellement avant son arrivée en Terre Sainte.
Mais Richard et Philippe Auguste ne s'entendent pas, car Richard a refusé Alix, soeur du souverain français, en mariage. Mais grâce à sa bravoure Saint Jean d'Acre est prise par les croisés le13 juillet 1191.
Puis Philippe Auguste, soit disant malade de la suette (sorte de typhoïde) rentre en France et laisse Richard échouer seul la prise de Jérusalem. Philippe aurait prétexter cette maladie pour profiter de l'absence de Richard.

De plus, Richard est fait prisonnier par le Duc d'Autriche qui le livre à l'Empereur Henri VI qui exige pour sa libération une énorme rançon. Philippe Auguste saute sur l'occasion et avec Jean sans Terre, il offre à Henri VI une forte somme pour que Richard reste son captif. Mais la vieille Aliénor d'Aquitaine réussi à réunir la rançon, et Richard est liberé en 1194 par l'empereur dont il se reconnaît le vassal.

Pendant ce temps, Philippe en accord avec Jean avait enlevé le Vexin et une partie de la Normandie, Richard ne peut être que mécontent.
Et bien que Philippe et Jean aient passé un accord, Jean préfère se ranger du côté du Lion déchaîné qui bat Philippe Auguste en 1194 à Fréteval puis en 1198 près de Gisors.
Le légat du pape Innocent III s'étant interposé, une trêve est signée en janvier 1199 à Vernon.
En 1200, Philippe Auguste marie son fils Louis VIII avec Blanche de Castille (fille d'Alphonse VIII et petite fille d'Aliénor d'Aquitaine).

Richard meurt devant Châlus le 6 avril 1199 et Jean sans Terre devient roi d'Angleterre au détriment de son neveu Arthur de Bretagne, que Philippe s'empresse de défendre en attaquant la Normandie.
Puis les deux rois se réconcilient momentanément par le traité du Goulet (22 mai 1200), ce qui permet à Philippe Auguste d'acquérir Evreux et le Berry en échange de la reconnaissance de Jean comme roi d'Angleterre et vassal en France.

Richard meurt devant Châlus le 6 avril 1199 et Jean sans Terre devient roi d'Angleterre au détriment de son neveu Arthur de Bretagne, que Philippe s'empresse de défendre en attaquant la Normandie.
Puis les deux rois se réconcilient momentanément par le traité du Goulet (22 mai 1200), ce qui permet à Philippe Auguste d'acquérir Evreux et le Berry en échange de la reconnaissance de Jean comme roi d'Angleterre et vassal en France.

En 1202, Jean sans Terre enlève et épouse la fiancée de Hugues X de Lusignan, comte de la Marche, qui se plaint au roi de France.
Reprenant la cause d'Arthur de Bretagne, Philippe fait citer Jean devant sa cour royale, qui en l'absence de l'accusé, prononce la "commise", en fait la confiscation de tout ses fiefs français, sauf la Normandie, dont le roi cède une partie à Arthur.
En 1203 Jean fait capturer Arthur puis le fait (soi disant) assassiner, et Philippe conquiert la Normandie qui tombe après le siège de Château Gaillard, qui abouti en juin 1204 à la capitulation de Rouen.
Philippe après avoir occupé l'Anjou et le Poitou, réussit à s'emparer de l'Aquitaine et affirme son pouvoir sur la Bretagne, ne laissant à Jean que la Guyenne, le Béarn et le Commingues.
En 1208, la puissance anglaise est brisée en France, ce qui n'empêche pas la guerre de prendre une dimension européenne.

L'Angleterre, fragile à la suite d'un conflit entre son roi et l'Archevêque de Cantorbéry Etienne Langton, fut interdite par le pape Innocent III en 1212.
Philippe Auguste songe à débarquer en Angleterre où la couronne est offerte à son fils, mais finalement Jean sans Terre se soumet au pape dont il se proclame le vassal.
Une alliance est conclue entre le roi d'Angleterre, le Comte de Flandre Ferrand de Portugal et l'empereur d'Allemagne Othon IV, que Philippe Auguste et le pape avait contrarié en soutenant la candidature à l'empire de Frédéric II de Hohenstaufen.
En mai 1213, Philippe essuie une cuisante défaite navale, les anglais coulent sa flotte devant Damme et il doit brûler ce qu'il reste de sa flotte.
Jean sans Terre et ses alliés décident de prendre Philippe Auguste dans une tenaille en l'attaquant en même temps par le nord et le sud. Mais le future Louis VIII fait échouer la première partie de leur plan en battant Jean sans Terre à la Roche aux Moines le 2 juillet 1214.

L'épisode final fut le 27 juillet 1214 durant la bataille de Bouvines, où Othon IV faillit tuer Philippe Auguste, mais qui tourne finalement à la faveur de ce dernier. Cette Bataille décisive marque le commencement de la fin pour Jean sans Terre.Il évacue le territoire français et est contraint par le pape d'accepter le 18 septembre 1214 le traité de Chinon et en juin 1215, sous les revendications des barons révoltés , la Magna Carta (grande Chartre) qui limita ses pouvoirs. Cela n'empêche pas le pape de casser la chartre et Philippe Auguste de soutenir les barons.
Louis le Dauphin débarque en Angleterre en mai 1216 et y est couronné, avant que la mort de Jean sans Terre en octobre ne remette cela en question. Car Henri III, le fils de Jean, fort de l'appui du pape, réussit à se faire couronner. Battu à Lincoln en avril 1217, le future Louis VIII rentre en France et renonce à la couronne anglaise.
En 1220, le traité de Chinon qui marque les pertes territoriales anglaises en France est confirmé.

On a souvent entendu dire que Philippe Auguste ne s'était pas mêlé de la croisade contre les cathares (albigeois), mais si il ne l'a pas fait directement, il donna des ordres à ses vassaux, dont Simon de Montfort et le future Louis VIII son fils.
Après l'insuccès de la prédication de Saint Dominique en Languedoc, et l'assassinat en 1208 par des émissaires du Comte Raimond VI de Toulouse (favorable aux cathares) du légat pontifical Pierre de Castelnau, qui venait lui transmettre une excommunication, la croisade se déchaîna.
De plus, en contradiction avec les règles féodales, Innocent III offre à l'avance à celui qui les prendrait, tous les bien du Comte Raimond VI, qui du coup fait momentanément sa soumission au Pape.
Les croisés commencent alors par attaquer son vassal Roger Trencavel le Vicomte de Carcassonne, et se rendent coupable le 21 juillet 1209, du terrible massacre de Béziers, ou sept mille personnes sont tuées dans l'Eglise de la Madeleine.
Les propos prêtés au légat Arnaud Amalric, " Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens !", ont traversés les siècles par leur fanatisme.
Finalement, le cruel Simon de Montfort battit l'armée du Comte de Foix et du Comte de Toulouse à Castelnaudary, ne laissant à ce dernier que Toulouse et Montauban. Il fait ensuite appel à Pierre II d'Aragon, son beau frère, qui intervient en 1213 mais qui est tué le 12 septembre à la bataille de Muret, qui après la fuite du Comte de Toulouse en Angleterre, assure à Simon de Montfort la conquête de presque tous les biens de Raimond VI.
Raimond VII, fils du Comte de Toulouse, ne conserve que Nîme, Beaucaire et la Provence, mais son père revient à Toulouse en 1217, et c'est en assiégeant cette ville que Simon de Montfort fut enfin tué le 25 juin 1218.
Son fils Amaury étant peu capable de conserver les terres conquises par son père, et compte tenu des succès des barons méridionaux, Philippe Auguste autorise son fils Louis à entrer en lice. Mais après avoir pris Marmande en 1219, en y opérant un massacre effroyable, il échoue devant Toulouse et rentre dans le nord. A la mort de Philippe Auguste en 1223, le conflit n'est pas résolut.

Durant son règne Philippe Auguste à su canaliser l'essor du mouvement urbain. Il favorisa hors de son domaine le mouvement communal en s'alliant aux bourgeois contre leur seigneurs, dont les droits étaient justement limités par les communes. Il avait tout intérêt à confirmer les privilèges communaux dans les pays conquis, et il compris l'intérêt militaire des communes qui, en tant que seigneuries collectives, devaient le service d'ost (service militaire) à leur seigneur, si bien qu'il les força à avoir les même intérêts que lui.
Quant à Paris, Philippe Auguste décidé de l'embellir et de l'assainir. Il veilla à ce qu'elle fut le siège d'une université de renommée européenne, dont les statuts furent rédigés en 1215 par le légat pontifical Robert de Courçon.
Le domaine royal quadrupla sous son règne, ce qui entraîna des conséquences sur sa manière de gouverner et de concevoir ses rapports avec ses vassaux.
Pour l'Eglise, Philippe Auguste intervint peu dans les élections, se contentant d'exiger des évêques le service d'ost et de limiter l'emprise de la justice ecclésiastique. Quand au personnel gouvernemental utilisé par Philippe Auguste et fixé dans la capitale, on note la spécialisation croissante qui entraîne la diminution des pouvoirs des grands officiers (chancelier, sénéchal ...), au moment où les bourgeois parisiens voyaient grandir leur rôle de défenseurs de la monarchie. Par exemple, dans le testament que le roi rédigea avant de partir pour la croisade, c'est à des bourgeois qu'il confie la garde du sceau royal et les clefs de son trésor.
Quand aux ressources financières, nécessaires pour financer guerres, croisades et grands travaux, Philippe Auguste les tire de l'église et des villes, où il transforme en taxes les services dus. Sans compter les serfs qui payèrent leur affranchissement et les juifs, qui expulsés payèrent leur droits de retour.

Malgré sa fragilité mentale, Philippe Auguste fit preuve d'une ténacité retorse pour suivre sa politique de conquêtes. Politique efficace car il sut toujours conserver et consolider ses acquisitions.
Philippe Auguste fit de la France un État comptant en Europe, et devant la puissance duquel le pape du s'incliner. On comprend alors le couplet final de son éloge funèbre :

"Ce roi ressemblait à Charlemagne
Pour bien garder son domaine,
jamais on ne lui fit la guerre
Qu'il ne vainquît et mît en sierre (prison).
Ce roi doit-on bien comparer
A César-Auguste ..."

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Dame Esclarmonde

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MessageSujet: Re: Les Rois de France de 1180 à 1230   Jeu 7 Fév - 21:56

Louis VIII
Né à Paris en 1187, il meurt à Montpensier en 1226.
Règne sur la France de 1223 à 1226.


Portrait de Louis 8 le Lion
Louis VIII est décrit par ses contemporains comme étant un homme de taille moyenne avec de beaux traits hérités de sa mère Isabelle de Hainaut.
De santé fragile et pieux, il n'en aimait pas moins la guerre au point de mériter le surnom de Lion.
Louis VIII fut toute sa vie durant d'une fidélité exemplaire envers son épouse Blanche de Castille qui lui donna 12 enfants.

Louis VIII a déjà 36 ans à la mort de son père. Heureusement durant le règne de ce dernier il avait eu sa part de responsabilités politique. Il est sacré le 6 août 1223, quelques semaines après la mort de son père, avec la reine Blanche qu'il avait épousé 23 ans auparavant. La cérémonie à lieu à la Cathédrale de Reims et est célébrée par l'Archevêque Guillaume de Joinville. La fête est fastueuse, et même le demi-frère du roi Philippe Hurepel, Comte de Boulogne et fils légitimé de Philippe Auguste et d'Agnès de Méran, est présent, et nul ne se doute de sa trahison future.

Dès le début de son règne Louis VIII va rentrer en conflit avec les plantagenêts.
Henri III d'Angleterre, appuyé par le Pape demande au roi de France en vertu d'une soit disant promesse de Philippe Auguste, la restitution des biens des Plantagenêts injustement confisqués à Jean Sans Terre.
Louis VIII s'allie avec Hugues de Lusignan Comte de la Marche (qui a épousé la veuve de Jean Sans Terre) et en juin 1227 envahit le Poitou, avant de prendre Niort et la Rochelle le 3 août. Il avance même jusqu'à la Gascogne, mais devant les protestations du Pape Honorius III il renonce à prendre Bordeaux.

Le 30 novembre 1225, un concile réuni à Bourges par le légat du Pape, le Cardinal Frangipani, après avoir rejeté les offres de soumission de Raimond VII, Comte de Toulouse, décide des conditions et du financement par l'Eglise de la croisade contre les Cathares.
Louis VIII y participe car le roi d'Angleterre est neutralisé par le Pape (qui lui interdit sous peine d'excommunication d'attaquer la France), et sous conditions que les croisés bénéficient de l'indulgence plénière, jointe à la promesse de ne pas contester ses conquêtes futures.
Il se croisa le 30 janvier 1226 et convoque son armée à Bourges pour le 17 mai 1226.
Tout comme Philippe Auguste avant son départ vers l'orient, il a la prudence en juin 1225 de faire un testament. Il constitue des apanages au profit des cadets royaux, il aliéna sur les acquits de son père un bon tiers de son domaine afin "que la discorde ne pût naître entre ses fils. Robert eut l'Artois, Jean l'Anjou et le Maine et Alphonse l'Auvergne et le Poitou.

Le principal événement de la croisade fut le terrible siège d'Avignon qui dura 2 mois et s'acheva en septembre 1226 avec la chute de la cité. Comme Toulouse continua à résister, le roi crée deux sénéchaussées à Beaucaire et à Carcassonne pour administrer son nouveau domaine. Conformément à une ordonnance d'avril 1226, qui fut la première loi française à condamner au supplice du feu les hérétiques, les cathares pris et qui refusèrent d'abjurer périrent.

Mais il subsista quelques foyers de résistance, surtout a Montségur. Puis une assemblé attribue au roi les fiefs confisqués et à confisquer aux "hérétiques".
Louis VIII finit à renoncer à Toulouse, et c'est sur le chemin qui devait le ramener à Paris qu'il meurt le 8 novembre 1226 à Montpensier en Auvergne. Emporté par la dysenterie et non pas comme la rumeur le prétend, empoisonné par Thibaud de Champagne soit disant "amoureux transi" de la Reine.
Cependant la prophétie de Merlin l'enchanteur " Au mont du ventre mourra le Lion paisible" laisse pensif.
Il laisse son royaume à un enfant de 12 ans, le future Saint Louis et la régence à une forte femme, Blanche de Castille.

Louis VIII, du fait de la gloire de son père et de son fils, mais en plus de la brieveté de son règne, demeure peu connu. Mais sa conduite sous le règne de son père, ainsi que sa bravoure et sa politique (les apanages et la croisade) lui donnent la stature d'un grand roi.

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MessageSujet: Re: Les Rois de France de 1180 à 1230   Jeu 7 Fév - 21:56

Louis IX
Né à Poissy en 1214, il meurt en 1270 à Carthage
Il règne de 1226 à 1270.


Portrait de Louis 9 le Saint
Durant son enfance Saint Louis est décrit comme étant un beau petit garçon blond au regard angélique. Mais il avait déjà un tempérament emporté et coléreux que son éducation du adoucir. Seule l'intelligence supérieure de sa mère parvenait à le calmer. Malgré ses qualités humaines pour les malades et les pauvres, à qui il donnait l'espoir, il fit pourtant preuve d'une grande cruauté pour ceux qu'il considérait comme hérétiques.

Après la mort de Louis VIII, La régente Blanche de Castille (qui n'a jamais porté ce titre officiellement) s'empresse de faire sacrer le jeune Louis IX à Reims le 29 novembre 1226. Mais l'absence de nombreux grands seigneurs était déjà une indication sur les conflits auxquels elle devrait faire face.
Dès fin 1226 se forme une coalition comprenant le comte Thibault IV de Champagne, le Comte de la Marche Hugues de Lusignan et le Comte de Bretagne Pierre Mauclerc, le tout soutenus par Henri III d'Angleterre. Heureusement, Thibault de Champagne, probablement pour l'affection qu'il portait à Blanche de Castille, se retire de la coalition et la fait échouer. Et c'est chèrement que la régente obtiendra l'hommage des autres conjurés au printemps de 1227. Finalement, suivant Philippe Hurepel, le demi frère de Louis VIII, qui aurait voulu la régence, les conjurés se retournent contre Thibault de Champagne. De son côté Pierre Mauclerc prête hommage au roi d' Angleterre en octobre 1229, mais la régente convoque une armée contre lui et réussit à apaiser temporairement (1230 à 1231) les querelles entre grands féodaux. En outre elle règle, non sans dégâts la révolte des étudiants parisiens (1229 à 1231) et conclue la paix avec le Comte de Toulouse.

A la mort de Louis VIII, il était prévisible que les barons méridionaux restés en place ou dépossédés eussent envie de prendre leur revanche, et la guerre reprit. Mais à l'initiative de la papauté, une trêve fut conclue en novembre 1226, suivie d'un accord conclu à Meaux le 11 avril 1229. Cet accord maintenait Raimond VII dans ses possessions toulousaines, et décidait que sa fille épouserait un frère du roi et lui imposait de financer une université à Toulouse et d'extirper l'hérésie. De plus il était tenu de séjourner 5 ans en Terre Sainte.

Cependant l'institution de l'inquisition au Languedoc en 1233 n'arrange pas les choses, et fin 1235 les inquisiteurs sont chassés de Toulouse. Et lorsque le Vicomte de Béziers Raymond Trencavel, tente de reprendre Carcassonne, la guerre recommença.
Le 29 mais 1242 se produit un événement décisif à Avignonet, les cathares massacrent 2 inquisiteurs et l'Archidiacre de Toulouse. De peur de paraître compromis le Comte de Toulouse, qui venait pourtant de prendre Narbonne et Albi, préfère se soumettre et signer avec le roi le traité de Lorris en janvier 1243. Il renonce à Narbonne et Albi, jure qu'il pourchassera l'hérésie, puis finalement excommunié par les inquisiteurs il part se faire pardonner à Rome.
L'épisode du siège de Montségur d'avril 1243 à mars 1244, très douloureux dans la mémoire méridionale et symbolique de la cruauté des inquisiteurs, apparaît alors comme une opération policière et religieuse, se que montre bien le sort des assiégés ; la liberté pour les rebelles et le bûcher pour les hérétiques. Par contre le roi et la régente on sut se montrer magnanimes à l'égard du versatile Raymond VII.

A l'instar des barons méridionaux, le roi d' Angleterre Henri III encouragé par les papes Honorius III et Grégoire IX, avait une revanche à prendre sur le roi de France. Après son échec en avril/octobre 1230 et affaiblit par la trêve de trois ans conclue entre son allié Pierre Mauclerc et le roi, il cherche l'appuis d'un nouvel allié, qu'il trouve en la personne de Hugues de Lusignan qui avait épousé sa mère Isabelle (la veuve de Jean sans Terre). Le 20 mai 1242, il débarque à Royan, mais est battu à Taillebourg et à Saints en juillet, et Raymond III ne venant pas à son secoure, il est obligé de conclure le 12 mars 1243 une trêve avec Saint Louis de cinq ans. Il faut attendre le retour de Saint Louis de sa première croisade pour que le traité de Paris mette fin le 28 mai 1258 à la première guerre de 100 ans. Traité surprenant, car si le roi d'Angleterre conservait la Guyenne, Saint Louis lui rendait le Quercy, le Périgord, le Limousin et la Saintonge.

Depuis 1229, Pierre Mauclerc et Thibaud de Champagne menaient une croisade qui avait aboutie à la reprise (1241), puis à la chute (1244) de Jérusalem. Saint Louis décide donc de se croiser, il confie la régence à Blanche de Castille et part d'Aigues Mortes le 25 août 1248 avec sa femme Marguerite de Provence (qu'il a épousé en 1234).
Après un séjour à Chypre, il débarque en Egypte et prend Damiette le 6 juin 1249. Mais en passant pas l'Egypte il commet une faute stratégique. Il s'y enlisa et échoua devant Mansourah, où son frère Robert d'Artois fut tué. Lui même est fait prisonnier en avril, et son armée fut décimé par la peste. Il dut abandonner Damiette et verser une grosse rançon pour sa libération et celle de ses barons. Une fois libre il se rend avec les rescapés en Syrie où il aide les barons francs à fortifier les positions (Césaré et Saint Jean d'Acre). Mais la mort de sa mère en novembre 1252 le décide à rentrer en juillet 1254 après 6 ans d'absence.

A son retour, Saint Louis rend la plus ancienne ordonnance de réformation. Influencé par le droit romain, mais aussi par le sentiment que le roi devait exercer un devoir sacré autant qu'impérial de justice, il impose à ses officiers des devoirs d'équité et d'intégrité autant que de dignité de vie (ni jeu de hasard ni fornication).
Cette ordonnance est étendue en 1256 à l'ensemble du domaine royal. Au delà même de la moralisation de la vie publique (mise des villes de communes sous tutelle) celui ci fut amené à sévir contre les jeux de hasard, la prostitution, les blasphèmes et l'ivrognerie, tout autant que contre les usuriers juifs (qu'il chasse en 1258), les banquier lombards et usurier méridionaux.

Sous le règne de Saint Louis, la cour du roi commence à se tenir "en parlement" pour y juger, parfois en sa présence et avec un personnel de plus en plus qualifié de juriste, les affaires les plus diverses. L'image traditionnelle transmise par Joinville représente Saint Louis rendant la justice sous un chêne à Vincennes.
De plus le roi interdit en 1261 le recours au duel judiciaire, qui permettait à un accusé de combattre son adversaire ou un témoin, voir même les juges !!!
Il est remplacé par la preuve testimonial et la procédure d'enquête. Il s'occupe également du système monétaire ; en 1262 une ordonnance impose une monnaie de bon aloi à tout le royaume, sans pouvoir établir le monopole royal de la frappe, mais interdisant aux seigneurs d'imiter la monnaie royale, la leur ne valant que pour leur seigneurie.

Malgré son échec, sa première croisade lui donne une dimension internationale, qui jointe à son sens inné de la justice et de la paix, en fait le conciliateur rêvé. Ainsi Saint Louis tente de contribuer à la paix en Europe. A l'époque du traité de 1258 avec l'Angleterre, il conclu le 11 mai 1258 avec l'Aragon le traité de Corbeil, dans lequel il renonce aux droits du royaume sur le Rousillon et le Comté de Barcelone, revendiqués depuis Charlemagne, cela en échange de l'abandon par Jacques I d'Aragon de ses prétentions à intervenir en Languedoc et en Provence. De plus, le mariage de son fils aîné, future Philippe le Hardi, avec Isabelle d'Aragon devait consolider ce traité.

A la fin de la 7ème croisade, Saint Louis avait aidé les barons francs de Terre Sainte à se fortifier. Mais dans les années 1260, la situation de ces derniers se détériore, et le Sultan mamelouk Baïbans réussit à s'emparer de Césarée en 1265, ainsi que de Jaffa et Antioche en 1268. Saint Louis veut se croiser de nouveau dès mars 1267, mais ses fidèles dont Joinville le lui déconseillent.
La préparation de la 8ème croisade fut longue. Elle part le 2 juillet 1270, toujours d'Aigues-Mortes.
Arrivé en Sardaigne, le roi précise que la Tunisie est le premier objectif. En fait Saint Louis espère que l'Emir, séduit par la religion chrétienne, se convertira et l'aidera à combattre en Egypte et en Syrie. Aussitôt débarquée l'armée des croisés réussit à prendre Carthage, mais loin de se faire convertir, l'Emir fait harceler les troupes royales par des arabes nomades.
C'est dans une tente en dehors de Carthage, que emporté par une épidémie de dysenterie ou de typhus, Saint Louis mourut comme un saint, étendu sur un lit de cendre le 25 août 1270. Charles d'Anjou arriva après sa mort et put négocier avec l'Emir le départ des croisés.

Dès le 25 août, les barons avaient prêté serment au nouveau roi, à qui il appartint de ramener les ossements de son père à Notre Dame de Paris, puis à Saint Denis pour l'inhumation de celui dont 1297 l'Eglise fit un Saint.
Juste avant son départ, Saint Louis écrivit une lettre à son fils Philippe, future roi, dans laquelle il donnait ses dernières recommandations :

"Cher fils, s'il advient que tu devienne roi, prend soin d'avoir des qualités qui appartiennent aux rois, c'est à dire que, quoi qu'il arrive, tu ne t'écarte pas de la justice. Et si il advient qu'il y ait une querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu'à ce que tu sache la vérité, et, quant tu la connaîtras, fait justice. Et s'il advient que tu aies querelle contre quelqu un d'autre, soutiens la querelle de l'adversaire devant ton conseil, et ne donne pas l'impression de trop aimer ta querelle jusqu'à ce que tu connaisse la vérité, car les membres de ton conseil pourraient craindre de parler contre toi, ce que tu ne doit pas vouloir."

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